Je crois que la cuisine santé, plus construite pour tenir dans la durée que la cuisine détox, est vraiment à l’honneur sur mon blog ces temps-ci. Pas de dessert depuis la galette des rois, la pâte feuilletée soigneusement rangée au congélateur en attendant des jours de volonté de destruction atomique par le cholestérol, le sucre, le gras et les fromages qui puent…

Bref, Valérie Cupillard a beaucoup influencé ma cuisine. J’ai renouvelé grâce à elle mes sauces à salade, je fais désormais monter en mayonnaise une purée d’oléagineux (amande, cacahuète, et même tahini -sésame- mais ce dernier est très amer, un peu trop à mon goût) avec du jus de citron… Et j’essaie toujours d’associer dans mon assiette céréale (ou assimilé) avec légumineuse, légumes et oléagineux. Pour que mon Nomamoi ne souffre pas trop de l’absence de viande, j’essaie d’en rajouter au quatuor santé de Valérie Cupillard… Et souvent j’essaie de privilégier le poisson, plus compatible avec mon cholestérol.

Avant-hier, à Auchan, je tombe sur un poulpe frais… Superbe, de beaux yeux, des tentacules bien fermes… Je suis tombée sous le charme immédiatement. Et cette petite merveille à 8 « pattes » dont le corps renflé placé au devant des yeux me fait toujours penser à un énorme nez de singe (le nasique !) pesait quand même la bagatelle de 2 kilos et demi ! Pour 2 personnes ? Ouille ouille ! Tant pis, je congèlerai le reste puisque ce poulpe est frais, jamais congelé, étiquette fournie par le poissonnier d’Auchan comme preuve. Je le cuisinerai donc le lendemain, soit hier. Oui, je sais, faut suivre.

Et finalement, Fifille n°2 et Copain n°2 sont passés par hasard hier après-midi… Je leur ai annoncé que j’avais un énorme poulpe et qu’ils étaient les bienvenus s’ils souhaitaient nous aider à le manger. J’avais un peu peur que Copain n°2 n’aime pas le poulpe, mais non, il aime ça ! Trop bien !

Allez, c’est parti pour du poulpe en version santé.

Comment faire ce poulpe ? Une daube méditerranéenne ? Avec du riz, mais comment introduire la légumineuse et l’oléagineux ? Et si je faisais un dahl ? Mais dans ce cas là il faut que je parte sur une recette de poulpe de style indien, avec des épices. Du coup, le légume s’impose tout seul : cuisine indienne, couleur, j’aurai du blanc avec le riz, de l’orange avec le dahl, il me faut du vert. Et hop, un sachet d’épinards prêts à cuire ! Et pour le poulpe, je vais me chercher une recette sympa. Les oléagineux ? Eh bien, je peux ajouter des graines de sésame dans les épinards, ou des noix de cajou sur le dahl… Hmmmmm, je le sens bien ça, allez, c’est parti !

Je vous préviens, c’est assez long à faire, donc c’est à réserver pour un repas de week-end, que ce soit en famille ou entre amis.

poulpe au lait de coco, dahl tomate et tombée d’épinard

Le poulpe :

adapté du livre « Petits plats gourmands de l’île Maurice »

Pour 4 à 5 personnes

1 poulpe frais (le mien faisait 2.5 kilos non vidé)
2 gousses d’ail pelée, dégermée, écrasée (ou 1 belle ccafé de purée d’ail)
1 petit ou 1/2 gros oignon ciselé
1 pouce de gingembre frais pelé et râpé (ou 1 ccafé purée de gingembre)
1 branche de carri poullé (une douzaine de feuilles de curry – facultatif)
1 csoupe curcuma
1 csoupe moutarde de Dijon
QS huile végétale neutre, feuilles de coriandre (déco), gros sel, sel fin, eau

On peut commencer environ 2 heures avant le début du repas, il faut environ 15 minutes pour laver et préparer le poulpe, 1 heure pour le cuire et 15 minutes pour faire la sauce.

Commencer par laver le poulpe dans l’évier. Ensuite séparer le corps de la tête en coupant sur une planche ou sur le plan de travail le « cou »  juste derrière les yeux, puis en recoupant devant les yeux. Cela devrait laisser accès au « bec » qu’on va attraper et jeter.
Retourner le corps et enlever tout l’intérieur (ne pas déchirer les poches diverses, les décoller doucement de l’enveloppe et couper au couteau les points qui attachent les poches au corps.)
Retourner le poulpe dans l’évier, lui verser 2 poignées de gros sel dessus et frotter… Comme nos grands-mères au lavoir ! Enfin là encore, je vous dirai « la vôtre peut-être, mais pas la mienne ! » : ma culture lavandière se cantonne à ce que j’ai pu voir de la mère Denis à la télé… Bref, frotter, malaxer, triturer, gratter, tordre, frapper, imaginez que c’est votre patron/votre conjoint/votre prof/votre banquier et lâchez-vous : ça fait trop du bien ! (oui, je sais, je suis restée « djeuns »… ;-) dans mon langage tout du moins ! )
Et bien rincer pour éliminer tout le sel.
Vérifier enfin qu’il ne reste plus de sable dans aucune des ventouses (je rappelle qu’il y a 8 tentacules…)

Égoutter le poulpe, le placer sur la planche à découper puis simplement couper le corps en 2 et séparer les 8 tentacules.

Mettre le poulpe ainsi coupé dans une sauteuse ou une casserole de taille adaptée, ajouter un petit verre d’eau, juste pour pas que ça brûle au fond, et chauffer au minimum 30 minutes et jusqu’à 1 heure. Au début, le petit verre d’eau va permettre que ça n’attache pas au fond. Puis le poulpe va rendre son eau… La peau, ainsi que l’eau rendue, vont virer au rouge bordeaux…

L’eau rendue va s’évaporer petit à petit… Il faut mélanger de temps en temps pour que es parties émergées soient immergées à leur tour.

Après 30 minutes, commencer à tester la cuisson : poursuivre tant que le poulpe est caoutchouteux. En général à 45 minutes il ne reste que très peu d’eau et le poulpe est tendre. Moi j’étais partie faire autre chose et c’est FF2, au bout d’1 heure de cuisson, qui ‘a appelée : « Maman, ça pète dans la casserole ! »
Eh bien je vais vous avouer que c’était du juste à temps : il ne restait plus une goutte de liquide, ça commençait à brûler !

Égoutter le poulpe s’il reste un peu de liquide, sinon le placer directement sur la planche à découper et couper, le corps en 4 ou 6 morceaux, chaque tentacule en tronçons de 2 à 3 cm. Réserver.

15 minutes avant de manger, préparer d’abord l’ail et le gingembre.
Mettre un peu d’huile à chauffer dans une sauteuse, ajouter l’ail et le gingembre et laisser roussir.
Pendant ce temps, préparer l’oignon.
Ajouter le curcuma, le carripoullé et l’oignon, mélanger,

ajouter le poulpe,

si c’est très sec ajouter 1 ou 2 csoupe d’eau maximum, couvrir et laisser mijoter 5 minutes.
Ajouter la moutarde,

mélanger, ajouter le lait de coco, laisser mijoter à couvert 5 minutes.

Pendant ce temps, ciseler la coriandre.
Goûter, rectifier.
C’est prêt.

Le dahl tomate

adapté du livre « Manzé Lontan »

Pour 4 à 5 personnes :

trempage des pois cassés jaunes 2 ou 3 heures avant de commencer.
Si vous n’avez pas le temps, pensez au dahl tomate à base de lentilles corail, il est bien plus rapide, et les lentilles corail se trouvent de partout maintenant.

200g pois cassés jaunes (on trouve dans les magasins exotiques, africains ou indiens, et parfois par hasard j’en ai vu à Auchan !)
500ml eau
1 brin de thym
1 branche de caripoullé (une douzaine de feuilles de curry – facultatif)
1 petit oignon ou 1/2 d’un gros oignon
1 boite de tomate pelée, la tomate à l’intérieur recoupée aux ciseaux
1 ccafé purée d’ail (ou 2 gousses d’ail pelées dégermées écrasées)
1 ccafé purée de gingembre (ou 1 pouce de gingembre frais pelé et râpé)
1 ccafé de cumin entier en grains (ou 1/2 ccafé cumin moulu)
1 csoupe curcuma
2 petits piments verts langue d’oiseau ciselés hyper fin (facultatif… ou en mettre 1 seul… au goût, en somme !)
QS huile végétale neutre

Environ 3 ou 4 heures avant le repas, rincer soigneusement les pois cassés et les mettre à tremper 2 ou 3 heures dans de l’eau froide.
Égoutter.

Environ 1h15 avant le repas, attaquer le dahl.

Dans une cocotte minute, mettre les pois cassés jaunes et 500ml d’eau, fermer, porter à ébullition et compter 15 minutes à partir du sifflement. Attention, il se peut que ça mousse beaucoup à l’intérieur de la cocotte-minute et qu’un peu de cette mousse s’échappe et coule sur la cuisinière : si vous cuisinez au gaz, gare à l’extinction de votre feu et à l’accident ! Bien surveiller la cuisson et garder le feu au minimum permettant quand même le maintien du sifflement !

J’émets toujours des réserves quand je dois donner une quantité de liquide pour cuire à la cocotte-minute. En effet, selon le style de marmite à pression, il faut plus ou moins d’eau… Je vous recommande donc de vous assurer que cette quantité d’eau est compatible avec votre modèle.

Pendant ce temps, préparer tous les autres ingrédients.

Au bout des 15 minutes, ôter du feu et ouvrir la soupape pour permettre d’évacuer la pression. Ouvrir la cocotte-minute pour vérifier que tout va bien, de toute façon, si ça va pas, c’est trop tard, et réserver.

Mettre à chauffer un peu d’huile végétale neutre dans une casserole ou une sauteuse. Y faire roussir l’ail et le gingembre, ajouter le thym,

puis ajouter le cumin et le curcuma,

roussir, ajouter oignon piment et carripoullé, mélanger.

Ajouter enfin la tomate,

mélanger, laisser mijoter 5 minutes.
Pendant  ce temps, passer les pois cassés au dessus d’un saladier pour récupérer l’eau de cuisson.

Verser les pois cassés dans la préparation à la tomate, mélanger. Laisser mijoter environ 40 à 45 minutes en mélangeant de temps en temps et, quand ça s’assèche trop, ajouter une petite louche de l’eau de cuisson des pois après l’avoir remuée : l’empois a tendance à couler au fond du saladier…
Au moment de servir, saler, éventuellement poivrer (s’il n’y a pas assez de piment !) goûter, rectifier.

Le riz vapeur :

Au milieu de tout ça, trouver le temps de lancer le riz (si possible basmati) dans le cuiseur à riz ou de toute autre manière dont vous avez l’habitude. Si vous utilisez un cuiseur à riz ou un cuit-vapeur, ne salez pas le riz.
Il faut compter environ 20 à 30 minutes pour du riz au cuiseur à riz, 35 à 50 minutes au cuit-vapeur, 15 minutes à la casserole.

La tombée d’épinards

pour 4 à 5 personnes :

1 kilo d’épinards frais
1 petite ccafé purée d’ail ou 1 gousse d’ail pelée et écrasée
1 bonne pointe de couteau de curcuma
QS huile végétale neutre, graines de fruit oléagineux (courge, sésame, cacahuète…) (Je les ai oubliées !)

Environ 30 à 20 minutes avant le repas, laver et égoutter les épinards, préparer l’ail.
Dans une sauteuse mettre un peu d’huile à chauffer sur feu assez vif. Y faire roussir l’ail. Ajouter le curcuma, mélanger. Ajouter les épinards et laisser tomber. Mélanger très régulièrement. Les épinards vont rendre de l’eau. Quand ils ne rendent plus d’eau, saler légèrement, de l’eau va à nouveau sortir. Quand tout est évaporé, c’est prêt. Goûter, rectifier.

Finalisation :

Réchauffer ce qui doit l’être, penser à sortir les graines oléagineuses de votre choix (les torréfier à sec le cas échéant), je ne l’ai pas fait, résultat je les ai oubliées !

Servir, saupoudrer le poulpe et le riz de coriandre ciselée, et les épinards des graines !

carrément à se rouler par terre !

trop top. Seule difficulté, l’organisation.

la seule solution : dédramatiser. Et se rappeler que tout se réchauffe, c’est même meilleur réchauffé !

et voilà !

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  10 commentaires à “poulpe au lait de coco, dahl tomate et tombée d’épinard”

  1. sans voix, c’est pour tout dire – Hou là là !!!! ces énormes ventouses dans l’assiette, sûrement très bon, mais je n’ai pas été prise pour le casting de vingt mille lieues sous les mers… bonne journée.. ANNE

  2. J »aime vraiment beaucoup le poulpe…La recette a l’air « Top »! Une petite astuce: mettre le poulpe au congél 24 h ou minimum une nuit évite le passage au gros sel et le battage. Traditionnellement, je mets un bouchon de liège pendant la cuisson, C’est réputé accentuer l’attendrissement.

  3. j’adore le poulpe mais je ne l’ai jamais cuisiné en curry, cela donne envie, très !

  4. Oh là là ! Voilà que tu tombes sous le charme des yeux d’un poulpe, ça il faut le faire! ;-) Très belle recette ceci étant dit, recette qui demande du temps mais le résultat en vaut la peine!

  5. une belle recette colorée et originale
    j’adore
    bisous

  6. Quand nous habitions en Allemagne, j’en faisais souvent, à l’italienne. Ici, je n’en ai jamais de frais ni même à Oléron.

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